l’éco-bioconstruction

Publié le vendredi 4 juillet 2008
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Depuis le XIXe siècle, première prise de conscience de la relation liant l’habitat et la santé avec le développement des réseaux d’égouts, la société n’a eu de cesse d’évoluer. L’absence des moyens de transport limitait l’habitat à l’utilisation de ressources locales telles que le bois, la terre crue ou cuite et la pierre. La nature de ces matériaux ne nécessitait pas les questions relatives à l’impact de l’habitat sur la santé.
Dans les fermes, les animaux vivaient à côté des humains et le stockage du foin dans les greniers était la meilleure isolation pour l’hiver. La structure familiale intégrait les grands-parents qui se chargeaient d’entretenir le feu.

Les deux guerres mondiales du siècle dernier modifièrent de façon importante les habitudes en matière d’habitat. La nécessité de remplacer rapidement des immeubles vétustes et de faire face à la vague démographique de l’après seconde guerre mondiale ont généré l’apparition de nouvelles techniques et de matériaux issus de l’industrie en plein essor à la moitié du XXe siécle. Les rapides progressions de la chimie débouchèrent sur la conception de matériaux aux capacités d’isolation et de solidité exceptionnelles, une mise en œuvre rapide et un coût moindre. De nouveaux produits firent leur apparition dans les maisons tels que les détergents, les électroménagers se généralisèrent, offrant davantage de confort. Tous ces changements ont permis d’apporter des solutions au manque de logements et beaucoup de commodités aux habitants.

Mais ces nouvelles techniques et l’essor des composés synthétiques ont également été à l’origine de graves problèmes pour la santé et l’environnement. La confiance aveugle dans le progrès industriel a coûté cher à l’homme et à sa planète en cette seconde moitié de XXe siècle. La situation dans l’habitat est plus que préoccupante. Peintures, colles, produits de traitement du bois et isolants synthétiques sont partout. Certains de leurs composants se révèlent extrêmement dangereux à de fortes concentrations, parfois mortels. Qu’en est-il de leur toxicité chronique, jour après jour, à de faibles concentrations ?

Toujours dans cette seconde moitié du XXe siècle, le pétrole coule à flots et chauffe généreusement des bâtiments dans lesquels le concept d’isolation n’existe quasiment pas.

La première crise pétrolière du début des années 70 ramène tout le monde à la réalité. Une politique gouvernementale d’incitation auprès des maîtres d’ouvrage est mise en place pour économiser l’énergie par l’amélioration des rendements des appareils de chauffage et par l’isolation des bâtiments. Dès la fin de cette crise les bonnes habitudes ont très vite été oubliées laissant la place au gaspillage et la consommation massive.

Cependant, cette crise des années 70 s’accompagne chez certains architectes et constructeurs, d’une première prise de conscience économique. Ces pionniers du bioclimatisme cherchent des solutions architecturales et des techniques de régulation du climat intérieur qui tirent parti des potentialités du climat extérieur. Pour ces pionniers, les performances énergétiques et économiques étaient les objectifs essentiels. Ils ont donc généralement utilisés des isolants très performants et peu onéreux issus de la pétrochimie que proposait l’industrie (polyuréthanes, polystyrènes, laines minérales) sans se soucier des impacts sur la santé et sur l’environnement de ces matériaux.

Progressivement, une autre sensibilité est apparue dans les pays d’Europe du Nord. L’habitat était de plus en plus considéré comme partie intégrante de notre organisme et à ce titre participant intimement à notre santé. C’était la naissance de l’éco-bioconstruction avec l’apparition sur le marché de nouveaux matériaux tels que les isolants d’origine végétale et le retour des matériaux anciens dans les techniques de construction tels que la terre et le bois.

Définitions :

- L’écoconstruction se soucie de minimiser les répercussions de la construction sur l’environnement, à toutes les étapes de son cycle de vie : depuis la conception du projet, lors des travaux de construction, de rénovation et d’aménagement intérieur, pendant la durée de son occupation et jusqu’à sa démolition.

- La bioconstruction se préoccupe de l’Homme qui va vivre dans le bâtiment.

- L’éco-bioconstruction : la construction répond à la fois aux impératifs de protection de l’environnement et de bien-être social.

Le choix du terrain

- Environnement : intégration dans le paysage naturel et bâti.

- Respecter le patrimoine local : urbanisme, paysage, écosystèmes.

- Réserver la diversité du vivant : plantation d’essences indigènes, aménagement d’un jardin naturel

- Veiller à un voisinage sain : éviter les nuisances sonores, la pollution du site, la pollution électromagnétiques.

- Orientation : profiter au maximum de l’énergie solaire passive grâce à une bonne orientation et une architecture adaptée.

- Analyse géobiologique : recherche des phénomènes de rayonnements naturels et artificiels et de leurs perturbations.

- pollution électromagnétique : rayonnements naturels et telluriques, veines d’eau souterraines, failles géologiques

Ces rayonnements naturels du sol et phénomènes géologiques induisent des interactions entre courants électriques statiques et champs magnétiques continus. Ceux-ci ayant la propriété d’un aimant, ces interactions (champs électromagnétiques) sont mesurables à travers une analyse géobiologique à l’aide d’instruments sensitifs ou scientifiques.

Les critères de choix

- le budget : le prix des matériaux écologiques est parfois plus élevé que celui des matériaux de la grande distribution. Il faudra donc faire des concessions ou étaler les travaux d’aménagements, ou encore contribuer à la construction totale ou partielle de son logement avec éventuellement des techniques de construction simples, bon marché et écologiques (paille, bois cordé, argile,…)

- le confort : veiller aux caractéristiques techniques des matériaux, aux nuisances sonores dans la maison,…

- les ressources locales : en éco-bioconstruction on veillera autant que possible à l’utilisation de ressources locales. On évitera ainsi le transport de marchandises qui engendre un coût énergétique important et des nuisances pas toujours justifiées.

- les impacts environnementaux : L’écoconstructeur doit également considérer la fabrication d’un matériau ou d’un équipement qui génère des impacts sur notre environnement. L’extraction des matières premières, leur transport, leur transformation, leur conditionnement ne sont pas sans conséquences et sont souvent très énergivores.

- l’impact sanitaire : il s’agit d’éviter l’usage de matériaux pouvant nuire à la santé des fabricants qui les produisent, des travailleurs qui les manipulent pendant les travaux et des habitants qui vivent à leur contact au quotidien.

- l’énergie grise : certains matériaux sont beaucoup plus gourmands que d’autres en énergie au moment de leur transformation, de leur transport,…

- les futurs déchets : dans la mesure du possible, l’écoconstructeur veillera à mettre en œuvre des matériaux biodégradables ou facilement recyclables.

Les caractéristiques techniques :

- l’hygrométrie : il s’agit de la capacité d’un matériau à pouvoir laisser circuler la vapeur d’eau permettant ainsi à l’humidité ambiante d’être régulée. Des matériaux comme l’argile, la chaux, le mortier chaux-chanvre sont de bons régulateurs hygrométriques.

- conductivité thermique : le coefficient lambda (λ) exprime la quantité de chaleur traversant 1 mètre de matériau en 1 seconde avec un écart de température de 1°C entre ses deux faces. Plus la valeur λ d’un matériau est petite, plus il est isolant.

- résistance thermique : le coefficient R exprime la capacité d’un matériau à s’opposer au passage de la chaleur. Elle s’exprime par le rapport entre l’épaisseur du matériau sur son coefficient λ. Plus R est grand plus le matériaux est isolant.

- inertie thermique : il s’agit de la capacité de stockage de chaleur des matériaux (inertie). Plus elle est élevée, plus le matériau est capable de stocker et de restituer des quantités importantes de chaleur (ou de fraîcheur en été)

- étanchéité à l’air : à l’intérieur pour éviter de laisser l’air chaud s’échapper du bâtiment et à l’extérieur pour éviter le passage d’air froid. En réalisant l’étanchéité en éco-bioconstruction on veillera cependant à l’hygrométrie du matériau choisi. Les freins vapeurs sont préférables aux pares vapeurs qui emprisonnent l’humidité à l’intérieur des parois.

- ventilation : supprimer ou réduire les pénétrations d’air permet un meilleur confort thermique à l’intérieur d’une maison mais implique un renouvellement contrôlé de l’air pour des raisons d’hygiène et pour éviter les dégâts dus à l’humidité.